La crise actuelle n’est pas une crise économique mais une crise sociale. Celle-ci est liée à la gestation d’une nouvelle société dans un monde devenu le village qu’avait pressenti Teilhard de Chardin.
La brutalité de la révolution industrielle du XIXe siècle a servi d’humus pour les théoriciens du socialisme marxiste. La révolution spatio-temporelle actuelle, occasionée par les nouvelles techniques de l’information qui annihilent les notions d’espace et de temps, appelle un nouveau projet de société. Souhaitons simplement que ceux qui tenteront d’en bâtir les fondements et d’imaginer les moteurs d’un nouveau développement durable placeront l’Homme en son centre.
Pour se convaincre que c’est bien là un problème central, il suffit d’observer la réalité avec lucidité et objectivité. En effet, les principaux indicateurs montrent que nous ne sommes pas, en France, confrontés à une crise économique :
- le volume de la production française a quadruplé en trente ans et la richesse du pays a toujours continué de croître ;
- les entreprises françaises placent le pays parmi les grands exportateurs et la part de nos ventes sur les marchés étrangers dans la production nationale est parmi les plus élevées, à un niveau beaucoup plus haut que celui des Etats Unis, du Japon et de la plupart des pays industrialisés ;
- le nombre de personnes employées n’a jamais été aussi grand ;
- les exclus du marché du travail reçoivent aujourd’hui un revenu équivalent au salaire que percevait en moyenne un salarié à la veille des accords de Matignon en 1968 ;
- la capitalisation boursière des sociétés françaises, c’est-à-dire la valeur que les investisseurs leur attribuent, n’a jamais été aussi élevée, y compris en tenant compte de la hausse des prix ;
- la balance commerciale de la France dans ses échanges avec l’extérieur est devenue largement excédentaire. De plus, la balance des paiements est encore plus bénéficiaire du fait de l’importance que génèrent traditionnellement les activités de service et l'attrait important qu'exerce la France pour les touristes et les investisseurs étrangers.
Certes, les débats provoqués par les négociations qui ont abouti à la création de l’Organisation mondiale du commerce ainsi que l’approfondissement du marché unique européen planifié par le traité de Maastricht ont alimenté les craintes face à un avenir incertain. Mais il n’en demeure pas moins que si la crise n’est pas économique, la situation est marquée par de graves tensions sociales. Les réactions des représentants du Tiers-Monde lors des négociations à Seattle montrent même que la question concerne également les pays les moins développés.
Bien que l’optimisme des Français soit revenu avec le changement de millénaire, de multiples indicateurs le montrent l’ampleur de la question sociale :
- le nombre de demandeurs d’emplois n’a jamais été aussi élevé sur une longue durée ;
- la proportion des jeunes qui ne trouvent pas de travail n’a jamais été aussi grande alors que le niveau de leur formation ne fait que s’élever ;
- ceux qui travaillent doivent constamment se recycler sous peine d’être exclus du système productif ;
- la précarité gagne toutes les couches sociales. Les cadres et les diplômés des grandes écoles ne sont plus à l’abri du chômage de longue durée. Les embauches pour des emplois stables à durée indéterminée sont devenues l’exception, la règle étant aujourd’hui le contrat à durée déterminée ;
- la paix sociale n’est maintenue que grâce à de multiples manifestations de solidarité, que celle-ci s’exprime par l’intermédiaire des associations caritatives ou qu’elle prenne une forme institutionnelle avec le versement d’un revenu minimum (le qualificatif d’insertion qui était attaché initialement à celui-ci n’ayant jamais réellement eu de réalité) avec pour conséquence des prélèvements obligatoires sur les revenus qui sont constamment relevés sans arriver à restaurer l’équilibre des régimes sociaux.
Des ambiguïtés face au travail
Face au travail, on observe d’ailleurs des réactions ambiguës et contradictoires :
- certains cherchent un emploi, mais pas forcément un travail qui les implique personnellement ;
- la mécanisation, l’informatisation et la robotisation ainsi que la législation sociale accélèrent la disparition des tâches répétitives, dangereuses ou dégradantes pour la dignité humaine. Mais cette évolution impose une compétence intellectuelle et une capacité d’abstraction accrues, ce qui tend à marginaliser l’habileté dans les tâches manuelles ;
- la valeur sociale d’une activité n’est pas toujours reconnue à son juste niveau. Ainsi la préservation du paysage et de la qualité des biens naturels sont considérées comme du ressort de la responsabilité collective. De ce fait, lorsqu’elles ne font pas l’objet de transactions marchandes, ces activités sont considérées comme des " petits boulots " sans valeur reconnue par la société et peu valorisants pour ceux qui les exercent, même s’ils satisfont un réel besoin, alors qu’un adage traditionnel affirmait qu’il n’y a " pas de sot métier " ;
- la notion de " métier " devient archaïque, pour ne pas dire ringarde et vieillotte, du fait que le discours dominant impose l’idée que chacun devra changer plusieurs fois de métier au cours de sa vie. Ceux qui ne seraient pas soumis à cette contrainte (employés de la fonction publique, membres d’une profession " libérale " contingentée ou placée sous un contrôle syndical) sont présentés comme étant des personnes bénéficiant d’un privilège qualifié d’anormal parce que non partagé...
Le métier, un mot dont la signification évolue
Le terme "métier" trouve son origine dans deux mots latins : l'un "ministerium" évoque l'idée de service, l'autre "mysterium" renvoie au rite. Ces deux racines ont fusionné sous le vocable de "menestrier", de ministère qui est associé à la personne du prêtre. En se laïcisant au moyen âge, le mot servit à qualifier les personnes au service d'autrui. Ainsi parlait-on du "métier des armes", mais aussi des "femmes de métier", ancêtres des péripatéticiennes. Le terme de métier évoqua ensuite la profession choisie et à laquelle on accède après un long apprentissage dans le cadre réglementé des corporations. Il ne concernait donc pas ceux qui exploitaient les ressources de la terre et de la mer ou exerçaient une activité manufacturière hors des villes. Pourtant, à l'époque où sont nés mes arrières grands-parents, plus des trois-quarts de la population française vivaient dans les villages et hameaux. Seules les indications portées par le curé sur les registres de mariage mentionnaient une profession, mais celles-ci ne valaient pas reconnaissance sociale… ce qui explique pourquoi le pape Léon XIII préconisa l'accès à la propriété familiale comme outil d'affirmation de dignité humaine.
Lorsqu’il s’est converti en 321 au christianisme, l’empereur Constantin décida que certaines professions cesseraient obligatoirement le travail le dimanche afin de permettre à tous, y compris aux esclaves alors très nombreux, de disposer de leur temps pour assister aux offices religieux. Durant donc plus de seize siècles, le travail servile fut interdit le dimanche dans les pays de culture chrétienne... Mais les idolâtres de Mammon semblent prendre leur revanche et sacrifier l’homme sur l’autel du veau d’or...
Dès l'antiquité romaine et jusqu’à l'invasion des barbares, les métiers exercés par les artisans étaient constitués en corporations dites collèges. Durant les quatre premiers siècles de notre ère, il y avait trois ordres de collèges : d’une part celui des manufactures de l'Etat dans lesquels les artisans partageaient quasiment la condition de l'esclave, d’autre part les collèges exerçant des professions nécessaires à l'alimentation des hommes, tels les bateliers, les bouchers, les boulangers, etc.. qui ne pouvaient quitter leur métier sans avoir un successeur et le faire agréer par la communauté professionnelle, une partie de leurs biens restant la propriété de cette communauté ; enfin, les collèges dits libres comprenaient tous les autres métiers.
Une organisation nouvelle en corps de métiers vit le jour aux XIe -XIIe siècles. Elle fut le prélude à l'apparition de la bourgeoisie et à la création des communes. Le corps de métier était, comme la corporation romaine, une association de gens exerçant la même profession mais en différait par son esprit. En Gaule romaine, c'était une servitude qui était imposée à l'artisan par l'Empereur : on était contraint d'y entrer et on l'y ramenait de force s'il en partait. Dans la France de Louis IX et des prévôts de Paris, c’est devenu un privilège accordé par le roi qui protégeait l'artisan contre l’excès de concurrence. On n'y était admis que par faveur ! D'oppressive, la corporation devint alors protectrice.
Le corps de métier avait ses magistrats appelés prud'hommes, jurés ou gardes du métier, dits eswards en Flandre. Ils percevaient un droit pour inspecter les ateliers et contrôler les produits de la corporation afin de lutter contre la fraude et les abus. Par ailleurs, ils administraient pour la communauté les revenus provenant des cotisations des maîtres, des amendes et des droits de réception des apprentis et des maîtres.
Chaque corps de métier avait ses assemblées au cours desquelles il était procédé à l'élection des jurés mais également, lorsqu'ils se transformèrent en confréries au XVIe siècle, pour célébrer leur saint patron. Le corps de métier comprenait quatre ordres de personnes : les apprentis, les ouvriers - dits valets, puis compagnons à partir du XIVe - les maîtres et les jurés. On entrait dans le métier par l'apprentissage. Afin de ne pas avilir leurs privilèges et ne pas créer trop de concurrents, la plupart des métiers limitaient l'admission en leur sein : le maître ne pouvait avoir qu'un ou deux apprentis en plus de ses fils et l'apprenti payait un droit d'entrée. Par contre, le nombre d'ouvriers était rarement limité. Vers la fin du XIVe siècle, les ouvriers commencèrent à se séparer de leur corps de métier pour former des associations particulières de compagnonnage. C’est à propos de l’une d’entre elles située à Montpellier, qu’on utilisa pour la première fois le terme de " syndicat ".
Charles IX décida en 1560 d'organiser les maîtrises ouvrières. Pour devenir maître, après avoir exercé sa profession durant un nombre d'années variable selon les métiers comme apprenti, puis comme compagnon, il fallait réaliser un chef d'œuvre si l'on n'était pas fils de maître et payer un droit au roi. On pouvait également devenir maître en achetant un brevet de fournisseur du roi ; on prenait alors le titre d'artisan suivant la cour.
La confrérie se composait de tous les gens du métier. Elle se mettait sous la protection d'un saint, se réunissait dans une chapelle ornée de sa bannière pour le célébrer et faisait dire des messes pour le repos de ses membres défunts. Elle figurait en public derrière sa bannière dans les grandes processions de la Fête-Dieu et de l'Ascension. A Paris, les six corps des marchands (drapiers, épiciers et apothicaires, merciers, pelletiers, bonnetiers, orfèvres) formaient les six grandes confréries de la ville et avait l'honneur de porter le dais à l'entrée des reines dans la ville. De plus en plus puissantes, ces confréries, qui avaient été fusionnées par Louis XI avec les communautés de métier pour organiser la défense de la capitale en milices bourgeoises dites "bannières", devinrent de véritables pouvoirs politiques redoutés par la royauté. Henri IV réussit à les remettre sous sa tutelle. Avec l'aide de Colbert, Louis XIV en fit de véritables pompes à finances, obligeant régulièrement les communautés de métiers à racheter les offices de jurés. Finalement, en mars 1791, elles furent toutes dissoutes par l'Assemblée Constituante qui établit la liberté d'entreprendre et d'exercer un métier.
Malgré la disparition des confréries, il est resté quelque chose de ces communautés de métiers dans le compagnonnage. D’ailleurs, sous l’influence de Saint Simon et se faisant l'écho des revendications féministes, Barrault fonda en 1832 le " Compagnonnage de la Femme ". Encore aujourd'hui les compagnons du tour de France conservent les cérémonies traditionnelles pour l’accès de l'apprenti au rang de compagnon. Toutefois, à la différence de la corporation qui se bornait aux limites d'une ville, le compagnonnage étend ses liens de confraternité au monde entier.
Sous l’influence de l’Eglise, le travail subissait de nombreuses trêves. A la veille de la Révolution et jusqu’au XIXe siècle, l’interdiction du travail était quasiment absolue les dimanches et jours de fêtes religieuses, ainsi que les jours de fête des saints patrons de la corporation, de la paroisse, du patron, de sa femme et de l’ouvrier... mais également les jours d’enterrement de maîtres ou de compagnons du métier. En outre, la plupart des ateliers fermaient dès vêpres la veille des dimanches et fêtes. La remise en cause par la Révolution de ce rythme des repos qui représentaient plus du tiers des jours de l’année avec le remplacement de la semaine par la décade et la suppression de toutes les fêtes religieuses fut une source de mécontentement importante pour les ouvriers des villes et des campagnes. Il convient toutefois de signaler que, comme aujourd’hui, le repos dominical obligatoire souffrait de nombreuses exceptions : les faiseurs de barils étaient totalement libres, les selliers pouvaient réparer un harnais, les bouquetières faire des chapeaux de roses, les fourbisseurs aiguiser une épée, les orfèvres, les chapeliers et les drapiers ouvrir une boutique...
La lutte contre le chômage ne date pas d’aujourd’hui. Faute de secours organisés, il y eut même des moments où la tension fut telle que les gouvernants craignaient les émeutes de la population affamée. L’idée qui vient alors à l’esprit est l’ouverture de chantiers et on peut dire, si on en croit Etienne Arago dans un ouvrage sur " les Rues de Paris ", que Napoléon appliqua les théories interventionnistes de Keynes un siècle avant que cet économiste les ait formulées. En effet, au retour de la désastreuse retraite de Russie, le préfet de Paris aurait fait savoir par un rapport secret à l’Empereur que la population ouvrière de la capitale était prête à se soulever faute de pain. L’ayant convoqué Napoléon lui demanda si l’on pouvait procurer du travail aux désœuvrés...
" - Sire, répondit le préfet, pour satisfaire toutes les classes ouvrières qui souffrent, il faudrait beaucoup de commandes.
- Eh bien ! reprit Napoléon, que l’on aille au faubourg saint Antoine commander des meubles pour tous les monuments de la couronne ; qu’on parquette le Louvre ; tous les travaux seront à ma charge ; ma cassette y pourvoira.
- Sire, c’est bien pour les ouvriers à rabot, à marteau, à industrie particulière et la sollicitude de votre Majesté se signale en cette occasion comme toujours ; mais que ferons-nous des ouvriers qui n’ont que leurs bras ?
- N’avez-vous pas de grands ouvrages de terrassement à faire exécuter ?
- Il serait bien facile d’en trouver, sire... Mais ces ouvrages se paient comptant.. Et de l’argent ?
- Vous êtes préfet de police ! Vous devriez savoir où il y en a, ou vous ne savez pas votre métier !
- Sire, la caisse du Sénat contient quatre ou cinq cent mille francs...
- Qu’on les prenne ! Le premier corps de l’Etat doit, après moi, donner l’exemple des sacrifices en faveur du peuple de Paris. Que la Couronne et le Sénat nourrissent la classe ouvrière ; ce ne sera, après tout, qu’un prêté rendu !
Il n’y eut pas à répliquer... Les marteaux retentirent ; les rabots gémirent ; les scies crièrent dans toutes les salles du Louvre ; des milliers de bras furent employés à niveler l’avenue menant de l’Observatoire au Luxembourg au milieu des hourras de ‘vive l’Empereur ! "
Les étapes dramatiques entraînées par le progrès
L’homme ayant été doté de curiosité, le progrès technique est inéluctable. Mais il entraîne des révolutions économiques et sociales qui, comme les révolutions politiques, sont toujours dramatiques pour ceux qui les subissent. Ainsi en fut-il de la révolution industrielle du XIXe siècle avec la diffusion de la machine à vapeur.
Il fallut attendre la loi du 1er octobre 1841 pour que soit réglementé le travail des enfants dans les manufactures et que soit nommés des inspecteurs pour en assurer l'exécution. Les enfants constituant dans l’ensemble une main d’œuvre docile et très peu coûteuse, ce ne fut par chose facile. Ainsi, en mars 1842, le préfet des Ardennes dut rappeler aux maires de son département qu'en leur qualité d'officier de police judiciaire ils devaient constater par procès-verbaux les contraventions.
Dans les manufactures, usines et ateliers à moteur mécanique ou à feu continu ainsi que dans les fabriques employant plus de 20 ouvriers par atelier, cette loi interdisait l'emploi d'enfants de moins de huit ans. De huit à douze ans, leur âge étant attesté par un certificat d'état civil, ils ne pouvaient être employés plus de 8 heures uniquement entre 5 h du matin et 9 h du soir. Le travail de nuit pouvait être toléré par les enfants de plus de 13 ans en comptant deux heures pour trois, sans que la somme des heures de travail de nuit puisse excéder huit heures par jour. Par ailleurs, l'emploi des enfants de moins de 16 ans était interdit les dimanches et jours de fêtes reconnues par la loi, ceci afin de permettre aux enfants de respirer un air plus salubre que celui des ateliers et de remplir leurs devoirs religieux.
Quant aux enfants de moins de douze ans, ils ne pouvaient être admis dans les ateliers qu'autant que leurs parents ou tuteurs justifient qu'ils fréquentaient une école ; au-delà de cet âge, les enfants étaient dispensés de suivre l'école sous réserve que le maire ait attesté qu'ils avaient reçu l'instruction primaire élémentaire. C’est dans ce cadre légal qu’était organisé l’apprentissage. Ainsi, le surlendemain du vote instituant la semaine de 35 heures, j’ai rencontré Alain M., cuisinier à six mois de la retraite. Il m’a dit avoir commencé le métier 49 ans auparavant comme arpète. Agé de 11 ans, il travaillait 14 heures par jour avec un pécule de 50 francs par mois, soit l’équivalent de 500 francs actuels, qu’il était fier d’apporter à ses parents.
Dans le même temps, le travail des femmes en ateliers s’est généralisé. En 1900, il y avait déjà ainsi plus d’un million d’ouvrières employées dans les ateliers industriels, dont quatre vingt mille dans les ateliers des manufactures de l’Etat telles que les fabriques de tabac, d’allumettes, d’uniformes ou de poudre à canon, ainsi que dans les hôpitaux, hospices et asiles de l’Assistance publique. Pour la plupart illettrées, leur salaire était régulièrement moitié moindre de celui des hommes pour un travail strictement égal. Par exemple, dans l’industrie des pâtes alimentaires où elles constituaient la majorité du personnel, l’ouvrière vermicelière gagnait 1.45 à 2.75 francs pour dix à douze heures de travail posté ; dans la confiserie, payées aux pièces pour la fabrication de marrons glacés, fruits fourrés, bonbons et autres friandises, elles gagnaient 3 à 4 francs durant la saison d’embauche qui n’excédait guère trois mois, ce qui les obligeait à trouver immédiatement après un autre emploi si elles ne voulaient pas choir dans la prostitution passagère pour survivre... Dans la papeterie ou l’industrie du caoutchouc, la durée journalière du travail allait de dix à treize heures ; dans la bonneterie et la ganterie, la demande étant moins saisonnière, elle oscillait entre onze et douze heures. Dans les cristalleries, les fabriques de carreaux céramiques, les faïenceries et fabriques de porcelaines, les femmes représentaient le tiers des effectifs ouvriers.
Tout au long de cet ouvrage, j'invite le lecteur à se remémorer les conditions de travail que leurs aïeux ont vécu. Cette évocation, agrémentée par d’anciennes cartes postales et des illustrations publiées dans des périodiques du XIXe siècle tels que l’Illustration et le Monde illustré, sera développée en trois volumes. Le présent volume est consacré aux métiers liés au terroir, à la mer et à l'alimentation ; un second le sera aux métiers artisanaux et manufacturiers alors que le troisième traitera des métiers du secteur tertiaire. Les métiers sont classés par grands groupes selon l'ordre traditionnel. On retrouvera aisément le nom ou le sobriquet d'un métier particulier en se reportant à l'index placé à la fin de chaque volume.
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