Communiqué de presse CIIA
Paris, 30 novembre 2009

 

La Commission Internationale des Industries Agricoles et Alimentaires (CIIA) préconise d’affecter une partie significative des aides publiques au développement à l’aide aux investissements de collecte, de stockage, de transformation et de conditionnement des produits agricoles locaux.

 

En dépit des réactions désabusées des ONG, le Sommet mondial sur la sécurité alimentaire a confirmé le 18 novembre à Rome les engagements de « L’Aquila » sur la sécurité alimentaire mondiale, notamment ceux qui concernent l’objectif de mobilisation de 20 milliards d'USD sur 3 ans. Il a par ailleurs décidé de réformer la gouvernance internationale structurée par le Comité de la Sécurité Alimentaire mondiale (CSA) avec la création d’un groupe d’experts de haut niveau.

 

Les chefs d’Etats ont retenu le principe de s’efforcer d’adopter une double approche globale de la sécurité alimentaire consistant en: 1) une action directe visant à remédier immédiatement à la faim et 2) des programmes à moyen et long termes dans les domaines de l’agriculture durable, de la sécurité alimentaire, de la nutrition et du développement rural avec le soutien à la création d’emplois et la mise en œuvre de politiques qui permettent aux petits agriculteurs d’avoir accès aux technologies, aux intrants, aux biens d’équipement, au crédit et aux marchés.

 

La quasi totalité des institutions et des ONG sont focalisées sur le développement de la production agricole de proximité par les petits exploitants pour assurer la sécurité alimentaire des Etats les moins avancés. Elle est indispensable et il est heureux que la Banque Mondiale ait redécouvert l’intérêt d'investir dans la production agricole. Les fondations Gates et Rockfeller s'y investissent depuis 2007 avec leur Alliance pour une Révolution verte, surtout en Afrique anglophone.

Néanmoins, l'agriculture de proximité et l’économie informelle sont et seront incapables d'assurer seules la sécurité alimentaire des grandes agglomérations : dans les pays en développement, chaque mois, 5 millions de nouveaux habitants viennent gonfler la population urbaine. Celle-ci explose littéralement en Afrique où il y aura 450 millions d’habitants supplémentaires en 30 ans, soit autant qu’en Chine et Inde réunies. Les villes devront accueillir tout le surplus de population : Lagos va s’agrandir de 4 millions d’habitants en 15 ans, Kinshasa de 3 millions, 10 autres capitales africaines de plus de 1 à 3 millions... C'était d'ailleurs l'analyse déjà faite en 1997 à Dakar lors du séminaire FAO-ISRA "Approvisionnement et distribution alimentaires des villes de l'Afrique francophone".

L’urbanisation fulgurante de ce continent, qui rend très sensibles les gouvernements aux risques répétés d’émeutes en cas d’insécurité alimentaire, impose la mise en œuvre de moyens logistiques performants et permanents depuis la collecte, la transformation, le conditionnement et la distribution avec des filières organisées au plan régional pour assurer un développement durable.

 

C’est pourquoi le Comité exécutif de la CIIA va proposer à son Assemblée générale du 11 décembre le vote d’une résolution qui « préconise l’affectation d’une partie significative des aides publiques au développement à l’aide aux investissements de collecte, de stockage, de transformation et de conditionnement des produits agricoles locaux, notamment à ceux qui sont susceptibles de constituer des éléments structurants de pôles régionaux de développement durable compétitifs ».

 

La rencontre-débat avec Mme Frewen, Directrice générale de la Confédération des Industries Agro-Alimentaires de l’Union européenne et M. Lejeune, Directeur général adjoint de la FAO organisée à Paris le 11 décembre sur le thème « Les entreprises agroalimentaires et la sécurité alimentaire mondiale » permettra de confronter les points de vue sur la proposition de la CIIA (http://www.ciia-c.com).