COMMUNIQUE de
la CIIA
11 avril 2011
La CIIA soutient la transparence dans le négoce
de contrats à terme de produits agricoles
Ces dernières années, plusieurs
fonds américains de placement financier ont investi dans les matières premières
agricoles sans avoir un lien clair avec le secteur. De plus, un nombre très
réduit de fonds spéculatifs indiciels contrôlent de fait plus de 90% des
contrats à terme échangés. Ils ont pu, ainsi, fausser les marchés des produits
de base.
Les entreprises de première
transformation du secteur agroalimentaires (alimentation animale, huilerie,
malterie, meunerie, sucrerie…) sont particulièrement sensibles à la volatilité
des prix de céréales, oléagineux et sous-produits. Pour se protéger des
fluctuations excessives et pour fixer leurs prix de vente pour leur clients,
elles sont parmi les principaux utilisateurs des marchés dérivés agricoles, y
compris les contrats à terme négociés en bourse ainsi que des contrats de gré à
gré. Mais, lorsque les marchés à terme ne reflètent pas clairement l’équilibre
de l'offre réelle et de la demande ou deviennent trop volatiles, les effets en
sont insupportables pour tous, y compris pour le consommateur final qui en
subit les conséquences.
Dans la perspective du
prochain G20, le gouvernement américain prépare une nouvelle loi qui pourrait
limiter l'influence de ces fonds en encadrant les limites de position pour les
nouveaux contrats à terme et des swaps de matières premières physiques.
- le maintien des limites actuelles de position mensuelle au comptant pour les
produits agricoles,
- le
maintien des limites historiques sur une base permanente en dehors des mois de
cotation au comptant,
- la
réduction significative des “conditional spot month position limits” qui
devraient être exceptionnelles du fait qu’elles favorisent la spéculation sur
les marchés sensibles,
- la
mise en place de procédure de « reporting » permettant d’identifier
les investisseurs individuels et de déterminer s’ils sont exonérés des
obligations de couverture en toute bonne foi.
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Depuis
les années
Cette
nouvelle catégorie d'investisseurs sur les produits de base comprend les
banques de Wall Street, les fonds indiciels et fonds négociés en bourse (ETF)
ou de gré à gré. Ces investisseurs, dans de nombreux cas, interviennent sur des
marchés à l'exercice «passif long terme » (énergie et matières premières)
avec des stratégies d'investissement (achat et détention d’un portefeuille de
positions longues) qui anticipent, « investissent » dans la hausse
des prix.
Selon
les estimations de l’expert américain Richard Brock, le volume des Commodity
funds a quintuplé depuis 2002 en passant de 51 milliards US$ à 262
milliards US$ en juillet 2008 (dont 140 milliards gérés par S&P Goldman
Sachs Commodities et 99 par Dow Jones AIG, soit 92% à eux deux !) et 206
milliards US$ fin 2009. En juillet 2008, les Index Fund Net Positions
représentaient 120% de la production américaine de blé et 50% de celle du
coton !
Ces
spéculateurs financiers, par le volume des capitaux qu’ils gèrent, influencent
forcément les prix des matières premières au détriment des contreparties
réelles avec la création d'une demande de « papier » (contrats) pour les
produits dérivés qui devient étrangère à toute réalité commerciale.
L’American Feed Industry Association a recensé plus de soixante études et rapports de économistes
réputés, en particulier de
Contribution
de Francis Declerck, professeur à l'ESSEC :
Pourquoi_et_comment_améliorer_la_régulation_des_marchés_à_terme_des_produits_agricoles_de_base
Commentaire de Jean-Paul J. du 13-4-2011
La description des interventions mentionnées des fonds "spéculatifs" est insuffisante. Je me réfère à un exposé de Michel AGLIETTA pour qui les opérateurs les plus susceptibles de créer des bulles artificielles sont les hedge-funds qui travaillent avec des modèles automatiques sur la volatilité des marchés, le seul événement pris en compte étant l'intensité de la baisse et de la hausse du marche, ces prises de positions peuvent être inférieures à la seconde et peuvent mobiliser des fonds très importants. Le « roll on-roll off » des placements sur les commodités est beaucoup moins déstabilisant. En général, il amplifie les mouvements. La distinction entre les opérateurs directionnels de court terme et les opérateurs sur les commodités est absolument essentielle.